Terriennes

Trois femmes puissantes aux Rencontres photographiques d'Arles

Chargement du lecteur...
TV5MONDE

Les Rencontres photographiques d'Arles célèbrent leur 50ème édition cette année. A cette occasion, les femmes photographes sont à l'honneur. 47% des projets exposés sont réalisés par des artistes femmes. Parmi les expositions incontournables, "Femmes à l'oeuvre, femmes à l'épreuve". Visite guidée avec Pascale Achard et Gérald Breistroff.

Eve Arnold, Abigail Heyman et Susan Meiselas  : 3 femmes photographes, 3 Américaines, dans un monde dominé par le photojournalisme masculin, et une vision radicalement nouvelle de la gent féminine.

"Toutes les trois font des livres où on voit apparaître les femmes dans leur intimité au quotidien. Cela n'a rien à voir avec les autres photographies de femmes qui circulent à l'époque, celles qu'on voit dans les magazines, qui sont beaucoup plus lisses sur papier glacé," nous explique Clara Bouveresse, Commissaire de l'exposition et historienne de la photographie.

Susan Meiselas, documente le strip-tease forain aux États-Unis au début des années 70, loin des clichés qui collent à la peau des femmes qu'elle rencontre. "Il y a deux façons de les imaginer", poursuit Clara Bouveresse : "soit comme des icônes très glamour ou à l'inverse  comme des victimes. Susan Meiselas fait des photos qui ne répondent à aucun de ces deux stéréotypes, elles apparaissent comme des personnes à part entière dont on peut lire les témoignages, découvrir leur histoire."

Eve Arnold photographie anonymes et stars. Elle dévoile Marilyn Monroe en dehors des studios, aux antipodes de la pin-up habituellement montrée. Abigail Heyman livre, elle, un journal intime révélant les conventions qui prédominent et pèsent sur les femmes.

Toutes les trois ont marqué l'histoire de la photographie et sont à l'honneur à Arles parmi un nombre inédit de femmes photographes exposées cette année.
Une victoire pour la photographe Marie Docher qui avait, l'an passé, interpellé, avec un collectif de quelques 500 signataires, le directeur du festival sur la trop faible présence d'artistes femmes.

"On ne revendique pas une stricte égalité, on revendique une ouverture. Ce qui est important, c'est qu'avec une photo il y a des regards sur le monde. Et en fait c'est une petite minorité qui se réserve le droit de nous montrer le monde", explique-t-elle. "Quand j'ai commencé à faire les statistiques de la photo qui n'existaient pas, on trouvait 5%, 10%, 20% de femmes dans les festivals, l'édition  etc. Or elles sont majoritaires dans les écoles d'art."

Marie Docher compte pour que les femmes comptent... Pari gagné avec 47% de femmes à l'affiche pour cette 50ème édition des Rencontres d'Arles. Aux côtés des pionnières, Germaine Krull, Bérénice Abott ou Florence Henri, des découvertes et une jeune génération pour élargir les horizons.

Une exposition à découvrir à l'espace Van Gogh à Arles jusqu'au 22 septembre prochain, et à retrouver dans le livre éponyme publié aux éditions Actes Sud.